L’enceinte romaine

L’enceinte romaine formant les remparts de la ville avait la forme d’un ovale allongé, dont le plus grand axe, d’ouest à l’est mesurait environ 850 mètres. Du nord au sud, il mesurait environ 400 mètres. C’est l’amande d’aujourd’hui.

Il est bien difficile de dater avec exactitude en quelle année furent édifiés les remparts de la ville. On sait que jusqu’au milieu du 3ème siècle de notre ère, Sens, ville romaine, était une ville ouverte, dont la superficie était supérieure à la superficie actuelle. Carrefour de communication entre l’Est et l’Ouest, le Nord et le Sud, riche d’une voie navigable, la ville possédait un amphithéâtre, des arènes, des temples, des thermes, de somptueuses villas et les commerces y étaient nombreux. Sens et ses faubourgs se paraient d’imposants monuments dus à l’influence de la nouvelle civilisation. Mais cette fin de siècle sera aussi l’époque des destructions de la cité romaine et on prête au règne de Constance Chlore (250-306, qui sera  empereur de 305 à 306) la construction des murailles de la ville. (1) Mais là encore, l’avis des chercheurs diverge. Faut-il se fier à la découverte, lors de la destruction des remparts, d’une médaille datée de 164, d’une pièce datant du règne de Valérien, entre 253 et 259, d’un grand bronze de Posthume  qui s’imposa de 258 à 267 ou  d’une Salonine assassinée en même temps que son mari Gallien en 268 ? Ou bien encore aux inscriptions tirées des soubassements des murs qui se rapportent aux règnes d’Auguste, de Claude, de Trajan, de Septime Sévère ou de Caracalla ? Ce dont on est sûrs, c’est que l’inscription qui se rapporte à ce dernier nous montre d’une manière évidente que les murs sont postérieurs à l’an 208. Et que César Julien, après avoir traité en vainqueur avec les Francs, subira, contre les Germains, un siège d’un mois à l’abri des nos murailles, pendant l’hiver 356-357. Sans hésiter, Monsieur de la Palisse aurait affirmé qu’elles ont été érigées entre 208 et 356. De fait, depuis le règne de  Valérien, vers 254, les ennuis avaient commencés : les peuples d’outre-Rhin passaient le fleuve ouvrant ainsi la route des invasions Barbares. Ce n’est qu’en 277 que Probus leur reprendra soixante-dix villes des plus importantes. Il fallait donc se protéger. Cerner la ville d’une imposante muraille devenait un impératif. Mais notre région était dépourvue de gros matériaux pour assoir une lourde défense et comme on manquait de temps, on résolu de s’approvisionner sur place. En se servant comme vulgaires matériaux des sculptures et des divinités des temples, des stèles funéraires, des grosses pierres des arènes ou du forum, des thermes ou autres sanctuaires païens. Personne ne croyait commettre une profanation… De plus, on y gagnait en temps et en argent.

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Elévation intérieure de l'enceinte rue Drapès (Dessin D. Perrugot). 

Il est bien difficile de dater avec exactitude en quelle année furent édifiés les remparts de la ville. On sait que jusqu’au milieu du 3ème siècle de notre ère, Sens, ville romaine, était une ville ouverte, dont la superficie était supérieure à la superficie actuelle. Carrefour de communication entre l’Est et l’Ouest, le Nord et le Sud, riche d’une voie navigable, la ville possédait un amphithéâtre, des arènes, des temples, des thermes, de somptueuses villas et les commerces y étaient nombreux. Sens et ses faubourgs se paraient d’imposants monuments dus à l’influence de la nouvelle civilisation. Mais cette fin de siècle sera aussi l’époque des destructions de la cité romaine et on prête au règne de Constance Chlore (250-306, qui sera  empereur de 305 à 306) la construction des murailles de la ville. (1) Mais là encore, l’avis des chercheurs diverge. Faut-il se fier à la découverte, lors de la destruction des remparts, d’une médaille datée de 164, d’une pièce datant du règne de Valérien, entre 253 et 259, d’un grand bronze de Posthume  qui s’imposa de 258 à 267 ou  d’une Salonine assassinée en même temps que son mari Gallien en 268 ? Ou bien encore aux inscriptions tirées des soubassements des murs qui se rapportent aux règnes d’Auguste, de Claude, de Trajan, de Septime Sévère ou de Caracalla ? Ce dont on est sûrs, c’est que l’inscription qui se rapporte à ce dernier nous montre d’une manière évidente que les murs sont postérieurs à l’an 208. Et que César Julien, après avoir traité en vainqueur avec les Francs, subira, contre les Germains, un siège d’un mois à l’abri des nos murailles, pendant l’hiver 356-357. Sans hésiter, Monsieur de la Palisse aurait affirmé qu’elles ont été érigées entre 208 et 356. De fait, depuis le règne de  Valérien, vers 254, les ennuis avaient commencés : les peuples d’outre-Rhin passaient le fleuve ouvrant ainsi la route des invasions Barbares. Ce n’est qu’en 277 que Probus leur reprendra soixante-dix villes des plus importantes. Il fallait donc se protéger. Cerner la ville d’une imposante muraille devenait un impératif. Mais notre région était dépourvue de gros matériaux pour assoir une lourde défense et comme on manquait de temps, on résolu de s’approvisionner sur place. En se servant comme vulgaires matériaux des sculptures et des divinités des temples, des stèles funéraires, des grosses pierres des arènes ou du forum, des thermes ou autres sanctuaires païens. Personne ne croyait commettre une profanation… De plus, on y gagnait en temps et en argent.

A fur et à mesure que l’idée du tracé des remparts avançait, il fallut se rendre à l’évidence : il fallait réduire le périmètre de la ville ouverte et créer autour d’elle une large zone militaire à découvert. Dans ce but, on démolit dans un secteur circulaire tout ce qui pouvait entraver la défense de la cité. Des matériaux supplémentaires pour l’édification du mur qui s’élevait peu à peu avec les pierres des maisons les plus proches du lieu de travail dans un agencement organisé : mise en place d’un soubassement sur tout le pourtour de la ville sur environ 2700 mètres, puis élévation de la muraille sur une hauteur de 8 mètres et enfin pose du revêtement.  L’enceinte d’Agedincum (ou Agendicum) ne différait pas des autres enceintes construites vers la fin du 3ème siècle. Elevée à l’aide d’un blocage intérieur et des cordons de briques cernant l’extérieur, calés sur de solides moellons, elle était assez épaisse pour fournir elle-même un chemin de ronde sur la courtine. (2) Flanquée de tours rondes, cet ensemble reposait sur des fondations  composées d’énormes blocs de pierre, taillés et unis entre eux sans ciment ni mortier. Des fondations de 3 mètres de large… La terre retirée fut rejetée du côté de la ville formant ainsi des rampes d’accès à la muraille. En se resserrant pour mieux se défendre, on sacrifia une partie de la ville ouverte, trop vaste, tout en détruisant son tracé intérieur, formé de rues qui se croisaient à angles droit. Sens devenait une ville fermée, plus ouverte à la vie intérieure, qu’elle fut commerciale ou municipale. A méditer…

Pour assurer les défenses, on éleva, en même temps que la muraille, des tours. Combien exactement ? Question sans réponse, car les tours romaines tombèrent, au fil des temps, sous les pics de démolisseurs. Ce que l’on sait, c’est qu’en 1682 on en comptait 30, en 1805, 24, en 1844, 16 et aujourd’hui, 4. Après avoir, au cours des siècles, bien résisté aux envahisseurs, le démantèlement de l’enceinte débuta sous Louis Philippe. La modernité de ce temps se tournait vers des villes ouvertes pour offrir aux habitants un confort qu’ils découvraient, l’hygiène. (A suivre)

Gérard DAGUIN

Documentation : Bernard Brousse, SAS, Virginie Garret, Cerep 5, rue Rigault Sens. 1, Gustave Julliot, Essai sur l’enceinte de la ville de Sens. 2, Augusta Hure, Le Sénonais gallo-romain. 

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Date de dernière mise à jour : 25/06/2013

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