De Charton à ....

Rue Edouard Charton

 

Édouard Charton, né à Sens le 11 mai 1807 et mort à Versailles le 27 février 1890,

est un journaliste, directeur de publications, et homme politique français.

Biographie

Reçu avocat, Charton s’inscrit au barreau de Paris en 1827, mais n’exerce pas cette profession pour laquelle il semble avoir eu une véritable aversion et continue à collaborer, comme au temps de ses études aux bulletins de deux sociétés, la Société pour l’Instruction élémentaire et la Société de la Morale chrétienne.

C’est au sein de ces sociétés philanthropiques qu’il comprend l’importance de l’instruction, découvre les problèmes de société et acquiert des convictions qu’il conservera toute sa vie. En 1829, il rejoint les rangs des saint-simoniens et, après un passage à la rédaction du journal le Globe, devenu, en 1830, le Journal de la doctrine de Saint-Simon, sous la direction de Michel Chevalier, il parcourt la Bretagne et la Vendée pour prêcher les idées saint-simoniennes. Lors du schisme de 1831, qui voit le départ des saint-simoniens républicains, il rompt, comme ses amis Hippolyte Carnot et Jean Reynaud, avec Prosper Enfantin.

Il débute en 1833 avec le Magasin pittoresque, hebdomadaire illustré lancé par l’imprimeur saint-simonien Lachevardière sur le modèle du Penny Magazine britannique, une fructueuse carrière de directeur de publication. Infatigable directeur de ce premier magazine populaire illustré jusqu’en 1888, il réussit à mobiliser, pour la cause de l’instruction et du « divertissement utile », non seulement ses amis saint-simoniens mais aussi savants et écrivains de renom. Pendant plus de cinquante ans, les articles ne sont pas signés mais on sait par exemple que George Sand y a parfois contribué ou que Camille Flammarion y a fait ses débuts de vulgarisateur en 1864, à l’âge de 22 ans.

Persuadé que l’illustration est indispensable à la compréhension et à l’agrément, il est à l’origine du renouveau de la gravure sur bois en France et a favorisé les débuts de carrière de plusieurs illustrateurs de renom. Édouard Charton est à l’origine en 1843 avec Joanne, Paulin et Dubochet du lancement de l'Illustration, autre hebdomadaire à succès, dont il quitte rapidement la direction.

À la chute de Louis Philippe en février 1848, il est appelé au secrétariat général du Ministère de l’Instruction publique par son ami Hippolyte Carnot, ministre du gouvernement provisoire. Député de l’Yonne puis Conseiller d’État, il proteste contre le coup d’État du 2 décembre 1851 avant de se démettre de ses fonctions. Son attitude à l’occasion de ces événements est rapportée par Victor Hugo dans Histoire d’un crime. Sous le Second Empire, Charton se présente sans succès comme candidat de l’opposition démocratique dans sa ville natale, en 1857 et 1863.

Après avoir fait paraître, de 1853 à 1855, les quatre volumes de l’Histoire des voyageurs anciens et modernes, il publie en 1859, avec Henri Bordier, une Histoire de la France illustrée, saluée en termes élogieux pour le choix de ses illustrations dans le bulletin de la bibliothèque de l’École des chartes. S’intéressant aux récits des voyageurs contemporains il lance, en 1860, la revue Le Tour du monde qui marque ses débuts chez Hachette. Cette revue à succès est suivie du lancement en 1864 de la Bibliothèque des Merveilles, collection de petits ouvrages de vulgarisation. Là aussi, Charton sait convaincre pour s’assurer le concours des meilleurs spécialistes (« hommes spéciaux »).

Installé à Versailles en 1863, il y fonde une bibliothèque populaire en 1864. Il devient membre correspondant de l’Institut de France en 1867.

La chute de l’Empire marque son retour à la politique. Le 6 septembre 1870, il est nommé préfet de Seine-et-Oise par le gouvernement de défense nationale. Élu républicain de l’Yonne en février 1871, il siège à l’Assemblée nationale. À partir de 1876, il représente sans interruption, jusqu’à sa mort en 1890, son département d’origine au Sénat.

Ses interventions dans les assemblées sont toutes marquées du souci de promotion du peuple par l’éducation et l’instruction. Il souligne l’importance de l’enseignement artistique et défend l’idée d’une politique culturelle. Il participe à la création du musée d’ethnographie du Trocadéro, ancêtre du musée de l'Homme. Il est élu en 1876 à l’Académie des sciences morales et politiques à la place laissée vacante par la mort d’Auguste Casimir-Perier.

La ville de Sens a donné, de son vivant en 1888, son nom à la rue où se situe sa maison natale. Ses concitoyens de Versailles l’ont honoré en donnant son nom à une rue de la ville et par un buste dans le hall de l’hôtel de ville.

Sources:

http://tourdumonde-charton.biz/

http://lire.ish-lyon.cnrs.fr/ESS/charton2.html

http://sites.google.com/site/edouardcharton/



Date de dernière mise à jour : 03/03/2012

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