De hauts murs de huit mètres de haut, des portes infranchissables, des poternes bien gardées, des fossés remplis d’eau.

De hauts murs de huit mètres de haut, des portes infranchissables, des poternes bien gardées, des fossés remplis d’eau, telle était la ville que le voyageur découvrait en arrivant dans notre cité au moyen âge.

Des fossés qui entouraient la ville, il n’en reste rien, si ce n’est l’emplacement, les promenades. Ces fossés ne remontaient qu’au milieu du XIVème siècle et on commença à les creuser quand Charles V n’était encore que le Dauphin de France. Deux fossés parallèles séparés par un dos d’âne furent alors mis en chantier au pied des remparts romains. Au XIIIème siècle, le ru de Mondereau passait au nord de la ville et y faisait tourner deux moulins, l’un près de la porte Saint Antoine, l’autre près de la porte saint Didier. Au siècle suivant, le ru de Mondereau appartenait au domaine royal et c’est par une ordonnance que le Roi permit aux Frères prêcheurs de détourner «tout le ruissel d’yaune, appelé Merderel, courrant entre les murs de la cité et leur couvent pour le faire courre par les aisements et nécessaires de leurs hostel ». (1) En 1358, les fossés étaient encore à sec et le Régent (futur Charles V) autorisa, en septembre, les habitants «comme indemnité des pertes que l’établissement de ces fossés leur avait causées et des dépenses énormes qu’ils avaient faites, à remplir les fossés d’eaux vives ou autres, à y élever du poisson, à vendre ce poisson à leur volonté et aussi à y planter des arbres pour y récolter les fruits et au besoin en récolter le bois ».

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Louis XII. Sur son ordre, les fossés de la ville furent agrandis.

En 1369, le dos d’âne fut supprimé pour réduire les deux fossés en un seul. Mais tout progrès ne présente pas que des avantages et par lettres patentes de Louis XII, il fut ordonné à tous les habitants de la ville et de sa banlieue à curer, creuser et agrandir les fossés «nonobstant ou appellations quelzconques ». En 1756, la ville obtint du Conseil l’autorisation de combler la partie des fossés comprise entre la porte Saint Didier et la porte Saint Antoine. Pour réaliser cette esplanade, on confisqua le cimetière de l’Hôtel-Dieu (près du théâtre actuel) et une partie du vieux Clos des Jacobins (actuelle sous préfecture). Quelques années plus tard, on combla les fossés près de la porte d’Yonne, puis en 1782, on poursuivit la tâche en utilisant les terres du voisinage et les matériaux des maisons brûlées lors de l’incendie de la rue Couverte (partie sud de la rue de la république) en 1776.     

Sans-titre-Duplication-06.jpgLa porte d'Yonne (carte postale ancienne, gravure)                   

La porte d’Yonne : En 1682, Jacques Rousseau, curé de Saint Romain, la décrivait ainsi : Elle est en quelque façon inaccessible. Elle pour défense la rivière, elle a le faubourg qui est une petite ville, elle a trois ponts levis, autant de corps de garde et la Grosse tour de dedans la ville qui feroit un furieux ravage sur les ennemis qui voudroient surprendre cette porte… Elle est bastie de grosses pierres de taille, elle a deux tours qui la font, dans lesquelles des gonds sont plantés. Elle a une maison au-dessus où les bourgeois se logent en temps de guerre. Elle a, outre cela, des barrières pour retenir les cavaliers, des bascules pour arrêter les piétons sous les murailles d’en-bas qui tiennent à couvert ceux qui la défendent et leur donne lieu de battre. De cette porte, partaient deux chemins, l’un allant au Clos-le-Roi, et un autre au Sud, qui conduisait au moulin de la Menelle. Elle fut en partie démolie en 1743, pour disparaître définitivement en 1840. C’était la porte par laquelle les rois de France entraient dans leur bonne ville de Sens.

PORTE-ST-DIDIER--bis-163_001.jpgLa porte Saint Didier (carte postale ancienne, gravure)

La porte Saint-Didier : C’est la porte par laquelle la route de Paris à Lyon pénétrait dans la ville. Au moyen-âge, cette porte voutée était flanquée de deux tourelles placées sur des arcs appuyés sur des contreforts. Elle n’avait qu’un pont levis enjambant un large fossé qui la rendait inaccessible. En 1552, le pont qui donnait accès à la porte Saint Didier fut remplacé par un pont à deux arches. En 1752, le conseil d’Etat en autorisa la destruction qui devint effective lors de la création de l’Esplanade en 1758. Sur l’emplacement de cette porte, on éleva, en 1804, deux colonnes d’ordre dorique, démolies en 1882 par suite d’une délibération du Conseil municipal.

bellicus-vestige-de-l-epoque-romaine-pierre-de-base-des-remparts-jp-elie.jpgBellicus, vestige de l'époque romaine, pierre de base des remparts.(JP Elie)

La poterne Saint Benoît : Par diplôme du 16 juin 891, le roi Eudes accorda aux moines du monastère de Sainte Colombe, une place située à l’intérieur de la ville afin d’y bâtir une église et des bâtiments susceptibles de les recevoir en tant de guerre. Cette place s’étendait depuis le cloître du monastère jusqu’à la porte Saint Didier Il leur donna, en outre, hors de la cité, une terre et la permission de tenir constamment  ouverte la poterne qui appartient à la place afin qu’ils puissent communiquer sans obstacle avec leur monastère. Les religieux bâtirent une église en l’honneur de St Benoît, dont l’orientation laissait à désirer. Elle fut vulgairement appelée Saint-Benoît-la-Maltournée. Cette poterne a été détruite dans le milieu du 19ème siècle. (A suivre)

Gérard DAGUIN

Documentation : Bernard Brousse, SAS, Virginie Garret, Cerep 5, rue Rigault Sens. 1, Gustave Julliot, Essai sur l’enceinte de la ville de Sens. 

 

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Le Foulon, sculpture romaine  ayant été utilisée pour la construction du mur d'enceinte.(JP Elie)

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Détail, corbeilles et objets de vendages.  (JP Elie)

 

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Date de dernière mise à jour : 25/06/2013

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