De Cousin à .....

Square Jean Cousin

LES DEUX JEHAN COUSIN (1490-1560 — 1522-1594) *(1),

PAR M. MAURICE ROY,

CONSEILLER A LA COUR DES COMPTES.

Jusqu'à présent aucun point de la biographie du grand artiste Jehan Cousin n'avait pu être fixé d'une façon précise.

On ignorait la date de sa mort et, comme la plupart des historiens s'accordaient pour placer sa naissance vers l'année 1500 et que son existence semblait encore constatée en 1593, on se trouvait ainsi conduit à le faire vivre au moins quatre-vingt dix ans et à lui attribuer, au déclin de sa carrière, des œuvres qui étonnaient par la précision et la vigueur de l'exécution.

Les écrivains les mieux documentés, depuis Félibien, dont les Entretiens sur les vies et les ouvrages des plus excellents peintres anciens et modernes parurent de 1666 à 1688,jusqu'à M. A. Firmin-Didot, qui a composé en 1872 une Étude sur Jean Cousin, n'étaient parvenus, malgré toutes leurs investigations, à éclairer une existence qui restait toujours mystérieuse.

Après de longues recherches parmi les anciennes minutes de diverses études de notaires à Sens et à Paris, nous avons enfin obtenu la satisfaction de découvrir plusieurs actes authentiques qui permettent de fixer la date de la mort de Jehan Cousin et d'établir qu'il a laissé un fils portant le même prénom, grand artiste comme son père, avec lequel la postérité l'avait constamment confondu.

Né vers 1490, vraisemblablement d'une famille de modestes vignerons du village de Soucy, à quelques kilomètres de Sens, Jehan Cousin père débuta fort modestement ; dès 1526 il est qualifié de peintre demeurant à Sens et s'occupe surtout de dresser des plans comme géomètre expert au bailliage de cette ville, mais son talent s'élève ….
 

(1) Cette communication n'est que le sommaire d'une étude détaillée et documentée qui sera publiée dans le Bulletin de la Société archéologiquede Sens.

Source, cliquez sur l'image ci-dessous

pour lire le compte rendu complet:

 

 

 

Jean Cousin, dit le Père

 
Jean Cousin le Père, Eva Prima Pandora

Peintre français (Sens v. 1490  – Paris v.1560).

Après des débuts assez modestes comme géomètre expert dans sa ville natale, Cousin est cité, à partir de 1530, pour des travaux de peinture (abbaye de Vauluisant) et comme auteur de vitraux (cathédrale de Sens). Vers 1538, il vient à Paris, où sa fortune lui permet d'exercer une carrière indépendante. Il travaille pour les lissiers et les verriers : tapisseries de la Vie de sainte Geneviève pour Sainte-Geneviève-du-Mont (1541, perdues) ; tapisseries de Saint Mammès (1543, pour le cardinal de Givry), dont trois subsistent encore à Langres (cathédrale) et à Paris (Louvre) ; cartons pour les vitraux de la chapelle de l'hôpital des Orfèvres. Il grave également (la Mise au tombeau ; Sainte Famille, 1544, auj. perdue). D'autres gravures lui ont été attribuées (ou à son fils), comme la Conversion de saint Paul. Enfin, la gravure de Delaune Moïse montrant au peuple le serpent d'airain, les gravures du Maître I. V. (Homme nu à cheval) et surtout celles du Maître H. (Mausolée, Jupiter et Antiope) contribuent à élargir l'idée qu'on se faisait jusqu'ici de sa personnalité. En 1549, Cousin participe, avec Jean Goujon, à l'entrée d'Henri II à Paris, ornant un des arcs de triomphe d'une Pandore dont il reprend le thème dans une peinture, l'Eva Prima Pandora (Louvre). Dès cette époque, sa renommée a dépassé les frontières, et Vasari le mentionne avec éloges dans la première édition des Vies (1550). Cousin fit également œuvre d'illustrateur (Orus Apollo, 1543 ; Livre des coutumes de Sens, 1556). Il termine en 1558 un Livre de perspective, somme de ses recherches, qui paraîtra en 1560, date probable de sa mort.

   En dehors de l'Eva Prima Pandora, on ne lui attribue que de rares peintures (la Charité, musée de Montpellier) ou dessins (Pénélope, Rennes, musée ; Martyre d'un saint, Paris, B. N. ; Enfants jouant,British Museum ; Jeux d'enfants, Louvre) et traditionnellement les portraits de la famille Bouvier, sur lesquels il est difficile de se prononcer (Jean II, Étienne II Bouvier et Marie Cousin, coll. part.).

   Célèbre dès son vivant, Jean Cousin a toujours été considéré comme l'une des plus éminentes figures de la Renaissance française. Marqué par l'école romaine et les graveurs nordiques, il a subi aussi l'influence de l'école de Fontainebleau et plus spécialement de Rosso, dont il assimila le style avec originalité et grandeur.

Source:

 http://www.larousse.fr/encyclopedie/peinture/Cousin/151731

 

:

Eva Prima Pandora

Ève, qui selon la Genèse commit le péché originel, est assimilée à Pandore qui, dans la mythologie grecque, répandit les maux parmi les hommes en ouvrant par curiosité le vase d'Épiméthée. Lors de l'entrée d'Henri II à Paris en 1549, Jean Cousin orna un arc triomphal d'une allégorie de Paris en "nouvelle Pandore vêtue en nymphe".
 

Ève et Pandore

 Cette représentation imaginaire et sensuelle d'Ève, la première femme, se veut une vision idéale de la femme, posant devant un double paysage ; paysage sauvage et rappelant les errements du paradis terrestre à droite, organisé et dominé par l'homme à gauche. L'inspiration italienne de Jean Cousin est évidente : perspective rigoureuse dans la construction ; mise en place savante de l'espace pictural ; modelé du corps construit à partir d'un éclairage subtil venant de la gauche ; sensualité du corps de la jeune femme et raffinement dans le traitement des bijoux et des accessoires. L'utilisation symbolique de l'architecture, ou du crâne, évoque le caractère éphémère de la vie et de la beauté terrestre rappelant les symboles raffinés de Mantegna. 


Ève ou Pandore ?


Qui est cette jeune femme, mystérieux nu féminin aux proportions allongées, nonchalamment accoudée sur un crâne, alors que sa main gauche semble fermer un vase richement décoré ? Son regard et son expression échappent au spectateur, tant la raideur du profil néo-grec contraste avec la douceur des formes du corps.
Le titre de l'oeuvre, que le peintre a figuré dans le tableau, au-dessus de la tête de la figure, montrant bien qu'il ne se rapporte qu'à elle, renforce encore le mystère : est-ce Ève ou bien Pandore, appartient-elle au monde de la Bible ou à celui de la mythologie païenne ? 

À l'origine des malheurs de l'humanité


Selon un exercice intellectuel prisé par les humanistes de la Renaissance, Cousin conduit ceux qui contempleront son oeuvre sur le chemin d'une comparaison : n'y a-t-il pas de profondes similitudes entre la première pécheresse de la tradition judéo-chrétienne et la première femme modelée par Hephaïstos ?
Toutes deux désobéirent, et pour le même motif coupable : la curiosité. Toutes deux furent à l'origine de tous les malheurs de l'humanité. Ainsi, du vase, sur lequel Pandore pose en vain la main, se sont déjà échappés les fléaux et les désastres qui devaient à jamais y rester prisonniers, ce dont témoigne le crâne, emblème de toutes les Vanités.
Nous connaissons peu de choses quant aux circonstances de la réalisation de cette oeuvre et à son histoire. Demeurée dans une famille de Sens, originaire du même village que Jean Cousin, elle fut acquise par la société des Amis du Louvre et donnée au musée du Louvre en 1922.

Source:

http://www.louvre.fr/llv/oeuvres/detail_notice.jsp?CONTENT%3C%3Ecnt_id=10134198673225176&CURRENT_LLV_NOTICE%3C%3Ecnt_id=10134198673225176&FOLDER%3C%3Efolder_id=9852723696500815&baseIndex=106

Ou cliquez sur 

http://www.univ-montp3.fr/pictura/GenerateurNotice.php?numnotice=A1174

Le Sacrifice de Polyxène - Jean Cousin le Père ou le Fils

Peintre ou Dessinateur :
Cousin, Jean, dit le Père (1490-1561)
Datation : 1560   (date conjecturale)

Source textuelle :
Ovide, Métamorphoses, 13 (Achille/Polyxène/Acis&Galatée)   vv. 439-532

Sujet de l’image ou genre :
Sujet mythologique. Hécube, Polydore, Polymestor, Polyxène
Dispositif : Scène (espace vague/espace restreint)
Nature de l’image : Peinture sur bois 
Dimensions :  Hauteur 110 * Largeur 134, cm
Lieu de conservation :
Collection particulière

Bibliographie :
Henri Zerner, L’Art de la Renaissance en France, Flammarion, 1996, n° 276, p. 241

MUSEES DE SENS:

Restauration de Cinq portraits attribués à Jean Cousin

 

Source:

http://www.yonne.cci.fr/musees-de-sens-restauration-de-5-portraits-attribues-a-jean-cousin_fr-000099_f0883-227all.html

 

Portrait de Joachim du Bellay par Jean Cousin.

 

Source: http://fr.academic.ru/dic.nsf/frwiki/116090

 

 

Livre de perspective, de Jehan Cousin, Senonois,

maistre painctre à Paris.

 

 

LES LIVRES D’ARCHITECTURE

Notice détaillée

Auteur(s) Cousin, Jean
Titre Livre de Perspective
Adresse Paris, Jean Le Royer, 1560
Localisation Paris, BENSBA Réserve, Masson 403
Mots matière Géométrie, Perspective

English

          Jean Cousin (1490?-1560?), peintre originaire de Sens et installé à Paris vers 1540, a réalisé de nombreux dessins qui ont servi de modèles à des vitraux, des tapisseries et des gravures ; il fut également géomètre. Son traité de perspective paru en 1560 n’a pas été réédité depuis, sinon dans un fac-similé. Toutefois, il est mentionné dans plusieurs inventaires après décès d’artistes et dans des ouvrages de la fin du XVIe et du XVIIe siècle, ce qui témoigne d’une diffusion certaine dans le milieu artistique. Dans un avertissement, Jehan Cousin au lecteur, l’auteur annonce un deuxième volume consacré aux « figures de touts corps, mesmes des personnages, arbres, & paysages, pour entendre & cognoistre en quelle situation, forme & grandeur ilz doivent estre representez selon cest art » [de perspective], mais il meurt sans l’avoir publié. Jean Cousin le fils, auteur d’un traité sur ce sujet, le Livre de Pourtraiture (1595, et régulièrement réédité jusqu’au XIXe siècle), dans lequel les personnages sont tracés en perspective, a vraisemblablement réemployé une partie du matériel laissé par son père.
          Le Livre de Perspective est rarement étudié, et l’on considère souvent qu’il reprendrait, sans rien y apporter de neuf, les grands principes de la construction traditionnelle d’une image en perspective : les lignes perpendiculaires à la « ligne Terre » (la base horizontale du plan) convergent vers un point (le point de fuite) placé sur la ligne d’horizon ; tandis que l’espace entre les parallèles à la « ligne Terre » diminue régulièrement en profondeur. Dans le De Artificiali perspectiva (Toul, 1505) Jean Pèlerin, dit Viator, a mis au point une méthode basée sur deux « tiers points » équidistants du point de fuite, sur la ligne d’horizon, pour calculer la diminution des parallèles en profondeur. Méthode adoptée et perfectionnée par Jean Cousin, qui donne à son exposé une rigueur géométrique nouvelle.
          Le Livre de Perspective, composé de 58 chapitres (141 pages non numérotées), suit un plan en trois parties : la mise en perspective de figures planes ; puis en trois dimensions ; enfin, suivent des exemples de bâtiments, d’escaliers, de colonnes, et de volumes géométriques (dont les « cinq corps réguliers » mentionnés par Platon, dans le Timée, par Euclide, ou par Dürer, dans son Instruction sur la manière de mesurer, 1525). Le plan de Cousin est simple et rigoureux : il expose des problèmes de difficulté croissante et envisage à chaque fois plusieurs cas. La clarté de ses démonstrations tient également au grand format du livre, et à l’élégance des schémas (dessinés par l’auteur lui-même sur des plaques de bois à graver), où des lettres permettent un jeu de renvoi rapide et clair avec le texte explicatif.
          La plus importante des innovations de Cousin par rapport à la méthode de Viator consiste à distinguer deux plans de nature différente pour tracer une figure en perspective. Ces deux plans sont dessinés l’un au-dessus de l’autre : le plan géométral, c’est-à-dire orthogonal, où les figures ne subissent pas de déformations optiques ; et le plan perspectif, défini par le point de fuite et les deux tiers points. On obtient une figure en perspective en reportant sur le plan perspectif les coordonnées de la figure définie dans le plan orthogonal.
          Dans la lignée de Viator, Cousin privilégie la question des tiers points, c’est-à-dire le calcul de la réduction des espaces en profondeur. La première règle du traité « demonstre la source & origine de cest Art de Perspective […], car par icelle vous sera monstré comment il faut extraire toutes profonditez & longitudes ». Et la dernière porte sur deux démonstrations concernant exclusivement les « profonditez », dont l’une s’appuie sur une expérience d’optique, et l’autre sur une figure géométrique, où alternent cercles et carrés, traditionnellement utilisée dans les ouvrages de mathématique. L’importance donnée aux tiers points peut surprendre aujourd’hui où les études se concentrent souvent sur le point de fuite. Mais pour un dessinateur novice, auquel s’adresse le Livre de Perspective, poser le point de fuite n’entraîne pas de grandes difficultés, pas plus que de faire converger vers lui les perpendiculaires. En revanche, les tiers points qui définissent la diminution des parallèles en profondeur sont d’un maniement plus délicat, et leur effet sur le point de vue adopté par la représentation est plus complexe à expliquer. Jean Cousin ne propose donc pas une théorie de la perspective, mais il veut s’adapter aux besoins des peintres et il prétend régler leur pratique.
          Par sa démarche rigoureuse, Jean Cousin a contribué à imposer l’idée que la construction d’une image en perspective répond à un corpus de règles géométriques qui doivent toutes être systématiquement appliquées. Il a ainsi participé à une réévalution scientifique de la perspective.

Valérie AUCLAIR (Université de Marne-la-Vallée) - 2005

 

Source:

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/traite/Images/Masson403Index.asp

La peinture à Paris sous le règne de François Ier

Par Guy-Michel Leproux

Cliquez sur l'image ci-dessous pour accéder aux extraits du livre

 

 

 

Auguste et la sibylle de Tibur,

Chapelle du Château de Fleurigy, prés de Sens

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Date de dernière mise à jour : 16/05/2012

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