Gémeau : une caserne constellée d’étoiles…

Son nom n’a pas été attribué à une avenue,

à une rue, à une place.

C’est la caserne, devenue Ecole Nationale de police,

qui porte le patronyme du valeureux soldat, le Général Gémeau.

Le 4 janvier 1790, nait à Paris Auguste Pierre Walbourg Gémeau, fils de Philippe Jean-Baptiste Marie Gémeau, secrétaire au service du Protocole à la cour de Louis XVI et de Marie Marthe Domicille. Une année qui restera dans la mémoire des Français, non pas comme année de naissance du futur général, mais comme celle qui imposera  la technique du docteur Guillotin comme le seul mode d'exécution des peines capitales. Le Pape condamnera le texte de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, Danton, Camille Desmoulins, Fabre d’Eglantine, Marat et les autres, fonderont le Club des Cordeliers. L’Assemblée Constituante adoptera le drapeau tricolore, tandis que louis XVI, qui avait encore la tête sur les épaules pour penser, demandera au roi de Prusse de le soutenir contre les révolutionnaires. 

C’est donc sous l’ère Républicaine puis sous le régime de l’Empire que le futur général fait ses humanités. Il entrera, à 18 ans, à la toute nouvelle Ecole militaire de Saint-Cyr, sera lieutenant-adjudant-major à 21 ans, colonel à 35 ans et maréchal de camp à 43 ans. Il fera toutes les campagnes de l’Empire, recevra le baptême du feu à Wagram en 1809, fera la guerre d’Espagne, sera blessé une première fois à la bataille de Leipzig, ira, un bref instant, aux portes de Moscou, se ralliera à Napoléon pour les Cent jours, avant d’être une nouvelle fois blessé à Ligny et  connaître la chute finale de l’Aigle à Waterloo. Maintenu en activité sous la restauration, il fera une nouvelle campagne d’Espagne en 1823, en tant que lieutenant-colonel  commandant le 7ème régiment d’infanterie de ligne. En 1832, il est à la tête du 20ème régiment d’infanterie légère avec lequel il participe à la prise d’Anvers. L’année suivante, il prend en justes noces Génie-Françoise Deschanel avec qui il aura cinq enfants. En 1849, en sa qualité de commandant des 6ème et 7ème divisions, il réprime la « Révolte des canuts de Lyon » avant de commander la division française chargée de la sauvegarde des Etats pontificaux. En récompense de ses éminents services et ayant  exercé un commandement en chef, le Prince Louis Napoléon lui décerne, le 13 juin 1852, la médaille militaire. Coup d’Etat aidant,  Badinguet devenu Napoléon III le 2 décembre de la même année, le nomme sénateur le 31. De guerre lasse, il passe dans la réserve de l’armée et vient se fixer à Sens, au  numéro 16 du Cours-Tarbé. A la Chambre, il se fait remarquer par ses interventions fréquentes en faveur de la religion et de la défense du pays. Il publie, en 1854, un traité sur «L’organisation actuelle de l’Armée» qui servira de base à la loi sur le recrutement. Comblé des honneurs dus à son mérite, vénéré de toute la population, il va mourir le 24 janvier 1868, année qui verra la naissance d’Edmond Rostand, de Gorki, de Nicolas II et le décès de Rossini.

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 La caserne Gémeau dans les années 30


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Pendant la dernière guerre, la caserne était devenue prison

(Coll. P. Bertin)


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La sépulture du Général Gémeau au cimetière de Sens

Source  http://lesapn.forumactif.fr/t3596-gemeau-auguste-chef-de-bataillon-aide-de-camp-6e-leger

On pouvait d’ailleurs, lire dans le Sénonais du 25 janvier, après l’annonce de son décès, les lignes suivantes : «Il répétait avec attendrissement : Que les habitants de Sens sont bons pour moi. Combien je voudrais pouvoir les remercier. Mais Dieu me le permettra t-il ? ». On peut alors se demander pour quelles raisons cet homme d’armes était venu, lors de sa retraite, poser les siennes à Sens. Voilà la réponse sous la plume de Léon Colin-Sinelle : «Bien qu’il se soit rallié au gouvernement de louis XVIII et ait continué ses services sous la monarchie de Juillet, Gémeau, était intérieurement resté Bonapartiste ; or, après la Restauration, par suite de l’interdiction à de nombreux demi-solde de rester à Paris, la plupart d’entre eux vinrent se fixer en province. Parmi eux, le capitaine Battini, d’origine corse, cousin de Napoléon, avait élu domicile dans notre ville. La présence de ce dernier devait bientôt y attirer d’autres soldats et serviteurs de Napoléon, citons parmi eux le Général Dubois, Dufeu et Saint-Denis (le mamelouk de l’Empereur) et c’est ainsi qu’afin d’y retrouver de nombreux compagnons d’armes, Sens fut choisi comme lieu de résidence par le général. » Celui, qui, pour autant avait connu Royautés, Républiques, Monarchie et Empires, avait versé son sang pour sa Patrie, laissait, par oubli des hommes, son nom dans l’indifférence froide du cimetière. Il faudra attendre 1887 pour que, faisant suite à une ordonnance du Général Boulanger, alors Ministre de la guerre, son nom remplace celui des «Arènes», donné initialement à la caserne, construite en 1874. Souvenirs cruels de la Grande guerre, la caserne a accueilli ceux qui montaient au front pour le carnage que l’on sait avant d’être occupée par les troupes nazies et de servir de prison pour les vaincus ou pour les «terroristes» en partance pour les camps de la mort.

Gérard DAGUIN

L’Ecole Nationale de Police de Sens 

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La pucelle de l'Ecole Nationale de Police de Sens

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Plan actuel de la caserne Gémeau.

En 1946, la caserne va être mise à la disposition du Ministère de  l’Intérieur pour former les motocyclistes de la Police Nationale. En 1948, elle accueillera le premier stage d’élèves gardiens de la paix destinés aux Compagnies Républicaines de Sécurité. En 1982, les cadres formeront tout le personnel destiné à servir la sécurité publique et en 86 les futurs gardiens de la paix y feront leurs classes. Après un an d’études, un an de tronc commun, ils compléteront, quelque soit l’option choisie, le personnel de la Police nationale. Ils sont ainsi 200 par an, encadrés par 49 policiers dont 22 instructeurs sous les ordres du Commissaire-divisionnaire Richard, du Commandant Ollier et du Capitaine Auteroche, secondés par 68 administratifs, à se présenter à l’examen de fin d’études et rejoindre leurs ainés, en ville ou sur la route. C’est également un centre de perfectionnement pour les plus aguerris et de préparation pour des lycéens au concours de gardien de la paix en partenariat avec le Ministère de l’Education Nationale.   

Documentation : Bernard Brousse  SAS, Virginie Garret Cerep, 5, rue Rigault Sens.

 

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Date de dernière mise à jour : 28/11/2012

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