Collège Stéphane Mallarmé, du Couvent au C.E.S.

Grâce aux efforts de Mgr Mellon Jolly et à l’influence d’anciens élèves dont le Baron Thénard ou le ministre Vuitry, l’ancien couvent des Célestins devient, par décret de Napoléon III en date du 4 avril 1854, Lycée Impérial.

 Stéphane Mallarmé

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Entre 1854 et 1861, le désormais Lycée Impérial va connaitre de grands travaux  d’embellissements et l’édification de deux nouvelles ailes. Et c’est en pleines modifications, à la fin du premier semestre de l’année scolaire 1856, que Stéphane Mallarmé y entrera comme pensionnaire. Il y sera suivi par Aristide Bruant et Flaubert viendra s’y documenter pour son «Education Sentimentale».  Si madame Arnoux était sénonaise, une rue devrait porter son nom !

Pendant qu’à la mairie on discutait pour savoir où on allait ériger le monument aux morts en souvenir des disparus de la guerre de 1870, on inaugurait, en 1902, au Lycée, une plaque en l’honneur des élèves morts pour la Patrie. Mais tout le monde le sait : cette guerre en a amené une autre et en 1914 l’établissement scolaire fut transformé en hôpital : «L’hôpital temporaire 32, qui était le plus important des hôpitaux temporaires installés à Sens par le service sanitaire, occupe les vastes locaux du lycée de la rue Thénard. Il est dirigé par le médecin-chef de la place. On éprouva les plus grandes difficultés pour ouvrir les cours du lycée de garçons et Mr le Proviseur fut chargé de rechercher les locaux nécessaires pour remplacer ceux de notre vaste établissement. La ville loua et aménagea à ses frais un immeuble situé 45 rue Allix où l’on pu organiser 11 classes d’externat. L’internat fut supprimé pour la durée de la guerre». (1) Ce qui va s’avérer faux puisqu’en 1916, le gouvernement songera à l’avenir intellectuel de la France et décidera de rendre aux établissements scolaires leur destination d’origine : «L’hôpital installé depuis le début de la guerre fut désaffecté. Les blessés en traitement furent, à partir du 20 août répartis dans les autres hôpitaux de la ville…. Les travaux d’approbation de remise en état des locaux du lycée de garçons furent immédiatement commencés et au 1er octobre 1916, c'est-à-dire au début de la nouvelle année scolaire, internes et externes reprirent leurs études comme avant la guerre. (1).  

Bien souvent, l’Histoire se répète et en 1939, un des trois hôpitaux complémentaire de la ville est installé au lycée de garçon de la rue Thénard en prévision de la guerre qui arrive. Le 14 juin 40, devant l’avance fulgurante des Allemands qui vont prendre la ville le lendemain, les médecins militaires, sur ordre supérieur, ont évacué leurs hôpitaux et sont partis dans la matinée. (2) Les cours reprendront normalement à la rentrée d’octobre. Une figure va, parmi d’autres «terroristes», se dégager aux cours de ces sombres années : Jean ferry qui est professeur au lycée. Il va, avec quelques élèves créer un groupe de résistance. Il sera tué le 2 décembre dans les Vosges. (3). Enfin, le 8 juillet 1960 le lycée reçoit le nom de Stéphane Mallarmé. En 1966, la réforme de l’enseignement (déjà), divise le secondaire en deux parties, lycée et collège : l’ancien lycée d’état Mallarmé devient le C.E.S. Mallarmé. On y fera encore de nombreux travaux jusque dans les années 1980. Depuis, on ne rentre plus par la rue Thénard où le concierge, de sa loge, guettait les retardataires. Il se nommait Mr Lorenti, avait une jambe de bois et jouait du tambour pour signifier aux élèves qu’il était temps de rentrer en cours. Ou d’en sortir !

Gérard DAGUIN

Documentation : Bernard Brousse  SAS, Virginie Garret Cerep, 5, rue Rigault Sens.1 Gaston Gaudaire, Une ville pendant la guerre.2 Lieutenant-colonel Poupart, Sens pendant la drôle de guerre. 3, Jean Peretti, La compagnie Ferry..


Mallarmé, un poète dans la ville

Stéphane Mallarmé, est  né à Paris le 18 mars 1842. Son père, Numa, avait épousé Elisabeth Desmolins l’année précédente. Il était alors sous-chef à l’administration des domaines. De ce couple, naitra aussi en 1844 Maria. Il perd sa mère en 1847 et est confié à ses grands-parents. Son père se remariera l’année suivante et de ce nouveau couple naitront Jeanne, Marguerite, Pierre et Marthe. Cette même année, Stéphane va connaitre la pension à Passy, chez Les frères des écoles chrétiennes où il se montrera un élève médiocre. Il se fera renvoyer en 1855. Mais depuis 1853 son père avait été nommé Conservateur des hypothèques à Sens. Mallarmé passera ses vacances chez son père avant d’intégrer, en 1856, le Lycée Impérial en tant que pensionnaire. Dès son arrivée, il livre ses premières impressions  à Maria, restée à Paris : « Il y a beaucoup de lits à côté desquels sont de petites tables de nuit très basses … La chapelle est très jolie et à l’air d’une église … ». (1) En1857, le décès de sa sœur le marquera fortement. Dans les années suivantes, il va écrire un conte en prose, Trois cigognes, puis Cantate pour la première communion, Anges à la robe d’azur et Adieu.  Il va échouer au baccalauréat en août avant de l’obtenir en novembre  (2) mais la découverte des Fleurs du Mal de Charles Baudelaire en 1860 influence ses premières œuvres. Cette même année, Mallarmé entre dans la vie active en devenant surnuméraire à Sens, «premier pas dans l'abrutissement» selon lui. Il demeure à l’époque aux « Gaillons » rue des Pénitents. En 1862, quelques poèmes paraissent dans différentes revues. Il fait la connaissance d'une jeune gouvernante allemande à Sens, Maria Gerhard et quitte son emploi pour s'installer à Londres avec elle, ayant l'intention de devenir professeur d'anglais. (2)  [Réformé du service militaire en 1863, Stéphane Mallarmé se marie à l'Oratoire de Londres avec Maria le 10 août. En septembre, il est nommé au lycée impérial de Tournon, où il se considère comme exilé.]

Sa fille Geneviève naît à Tournon le 19 novembre 1864. En 1865, il compose l’Après-midi d’un faune, qu'il espère voir représenter au Théâtre-Français, mais qui est refusée. Du lycée de Tournon, il passe à celui de Besançon et à celui d’Avignon.  En 1870, il se met en congé de l'instruction publique pour raisons de santé et se réjouit de l'instauration de la République. Il revient à Sens et son fils Anatole y naît le 16 juillet 1871.

Il est nommé à Paris en 1871. Il fréquente alors Paul Verlaine, Emile Zola ou Villiers de L'Isle-Adam et  Edouard Manet qui peint son portrait en 1876Il ne cesse durant cette période de composer ses poèmes, comme Les fleurs ou Angoisse. Mallarmé, nommé à Paris au Lycée Condorcet, installe sa famille rue de Moscou. Il fait la rencontre de Victor Hugo en 1878 et publie en 1879 un ouvrage sur La mythologie Les Dieux antiques. Une année marquée par la mort de son fils Anatole, le 8 octobre.

À partir de 1874, Mallarmé, de santé fragile, effectue de fréquents séjours à Valvins près de Fontainebleau. En 1884, Paul Verlaine fait paraître le troisième article des Poètes Maudits consacré à Mallarmé, nommé au lycée Janson de Sailly. (2) De nouveau sa santé vacille en 1891. Enfin, Mallarmé obtient sa mise à la retraite en novembre 1893. En 1898, il se range aux côtés d'Emile Zola qui publie dans le journal L'Aurore, le 13 janvier, son article J'accuse en faveur du Capitaine Alfred Dreyfus. Le 8 septembre 1898, Mallarmé est victime d'un spasme du larynx qui manque de l'étouffer. Le soir même, il recommande dans une lettre à sa femme et à sa fille de détruire ses papiers et ses notes, déclarant : « Il n'y a pas là d'héritage littéraire... ». Le lendemain matin, victime du même malaise, il meurt dans les bras de son médecin, en présence de sa femme et de sa fille. Il est enterré auprès de son fils Anatole au cimetière de Samoreau en Seine et Marne.

Notes : 1 Mallarmé Lycéen, Henri Mondor. 2 Mallarmé, Œuvres complètes, Henri Mondor.

 L’éternelle photo de classe devant les arcades du Mallarmé

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Les arcades

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Date de dernière mise à jour : 31/05/2012

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