La victoire d'Orléans,1429

La victoire d’Orléans, va lui valoir le surnom de « Pucelle d'Orléans ». Après le nettoyage de la vallée de la Loire grâce à la victoire de Patay le 18 juin 1429, remportée face aux Anglais, Jeanne persuade le Dauphin d'aller à Reims se faire sacrer roi de France.

Le 17 juillet 1429, dans la cathédrale de Reims, en la présence de Jeanne d'Arc, Charles VII est sacré roi de France. Dans la foulée, Jeanne d'Arc tente de le convaincre de reprendre Paris. Le jeudi 8 septembre 1429, au petit matin, Jeanne d’Arc, le duc d’Alençon, le maréchal Gilles de Rais et leurs troupes donnent l'assaut de Paris alors aux mains des Bourguignons de Philippe le Bon et indirectement à celles des Anglais. Les Parisiens, persuadés que les Armagnacs, tenants du roi Charles VII, veulent détruire la ville, opposent une vigoureuse défense. Tentant de franchir le fossé devant la porte Saint-Honoré, elle est blessée d'un carreau d’arbalète à la cuisse. Bien qu'elle eût souhaité reprendre l'attaque de la ville, le roi leva le siège et lui ordonna de se replier sur l’abbaye de Saint Denis avant que tous rejoignent Gien.

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Croquis représentant Jeanne d'Arc, exécuté de son vivant

dans la marge d'un registre du Parlement de Paris

par le greffier Clément de Fauquenbergue.

Le 15 septembre 1429, venant de Sergines, la troupe arrive dans la soirée sous la muraille de Sens, devant la porte Saint Didier. La ville est alors, depuis dix ans, occupée par les Anglais. Après avoir en vain parlementé, on doit se résigner à continuer la route vers la Loire. Le pont de la ville, défendu par la Grosse tour, ne pouvant être utilisé, il faut trouver un moyen de traverser l’Yonne. Les eaux étant basses en cette saison, c’est par un gué, situé en face du monastère de Sainte Colombe que la suite royale gagne la rive opposée le vendredi 16 septembre après avoir campé pour une nuit. L’escorte de Jeanne et du  jeune roi, se compose du connétable Arthur de Richemont, duc de Bretagne et de Touraine, de Charles d’Anjou, comte du Maine, beau frère et grand favori du roi, du bâtard d’Orléans, le célèbre Jean Dunois, de Bernard d’Armagnac, de Charles d’Albret et de bien d’autres encore. En abordant sur l’autre rive, l’armée s’engage dans un petit chemin, qui, après avoir traversé le village de Saint Martin, monte par un étroit vallon sur le plateau du Gâtinais. En s’éloignant du Chesnoy, par Le pas du mulet, l’armée royale et la Pucelle gagnent les hameaux des Caves, de la Cassine et des Mazures pour atteindre, le soir même, Courtenay. Ils arriveront à Gien le 21 septembre, neuf jours après avoir quitté Saint-Denis. (1)

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Plaque commémorative du passage de Jeanne d’Arc posée sur le mur de l’église St Didier.

Elle devrait être rédigée ainsi :

« Venant de St Denis après le siège de Paris et retournant vers la Loire… ».

Cette retraite forcée vers la Loire, après l’échec de Paris, va décider Charles VII, désemparé, à dissoudre l'armée. Jeanne repart néanmoins en campagne. Après l’échec du siège de La Charité-sur-Loire, Jeanne est conviée à rester dans le château de la Trémouille à Sully-sur-Loire. Quittant le roi sans prendre congé pour répondre à l'appel à l'aide de Compiègne, assiégée par les Bourguignons, elle est capturée  lors d'une sortie aux portes de la ville le 23 mai 1430.

Elle est vendue aux Anglais le 21 novembre 1430, pour dix mille livres, et confiée à Pierre Cauchon, évêque de Beauvais, allié des Anglais. Le procès débute le 21 février 1431. Mais, les enquêteurs, ne parviennent pas à établir un chef d'accusation valable : Jeanne est une bonne chrétienne, différente des hérétiques… Le tribunal lui reproche par défaut de porter des habits d'homme et surtout de s'en remettre systématiquement au jugement de Dieu. Les juges estiment que ses «voix» sont en fait inspirées par le démon. L’université de Paris, alors à la solde des Bourguignons, rend son avis : Jeanne est coupable d'être schismatique, menteuse, devineresse, suspecte d'hérésie, apostate, errante en la foi, blasphématrice de Dieu et des saints. Le 24 mai, les juges mettent en scène une parodie de bûcher pour l’effrayer et la presser de reconnaître ses fautes. Jeanne sous la promesse orale du tribunal de l'incarcérer dans une prison ecclésiastique, signe d'une croix (alors qu’elle sait écrire), l'abjuration de ses erreurs. S'estimant trompée, elle se rétracte deux jours plus tard, endosse de nouveau des habits d'homme dont nul ne sait la provenance. Déclarée « relapse », le tribunal la condamne au bûcher et la livre au «bras séculier». Elle est brûlée vive place du Vieux-marché à Rouen. Selon les témoignages, elle est voilée, dotée de la mitre d’infamie et placée à plus de trois mètres de hauteur ce qui empêchera, pour certains, toute vérification ou identification. Elle aura prié toute sa vie pour mourir en sainte, sans avoir pour autant chassé l’envahisseur. Elle s’est éteinte le 30 mai 1431, deux heures après sa mort.

L’année précédente Sens avait chassé l’Anglais et prêté serment de fidélité à Charles VII qui entre, en août, à la tête d’une puissante armée dans la ville où il séjourne plusieurs semaines… En juillet 1475, Edouard IV d’Angleterre débarque à Calais, à la demande de Charles le Téméraire, alors à la tête des Bourguignons, et marche sur Reims avec son armée pour se faire couronner roi de France. Fin août, les deux rois se rencontrent à Picquigny. Louis XI, roi de France, lui offre 300 chariots de vin. Il faut croire que Bacchus veut protéger la troupe française car Édouard IV, à la tête d'une armée avinée, ne peut livrer bataille. En négociant son départ, contre de l’argent, l’Anglais signe le traité de Picquigny qui marque la fin définitive de la guerre de Cent Ans.

Gérard DAGUIN

Documentation : Bernard Brousse, SAS, Virginie Garret, Cerep 5, rue Rigault Sens.1. M. Parruzot, bulletin de la SAS de Sens. Histoire de Jeanne d'Arc, Orléans, 1754. Abbé Lenglet-Dufresnoy, Mémoire de la Société Archéologique et Historique de l'Orléanais. Beauvais de Préau, Essais Historiques sur Orléans. Mémoire de la Société Archéologique et Historique de l'Orléanais, 1948. Pour en savoir plus : www.histoire-sens-senonais-yonne.com

Le mystère de Jeanne des Armoises

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Jeanne des Armoises.

Soumise à une enquête de l'Université et du Parlement de Paris,

elle fut démasquée en 1440. Mais certains la tiennent toujours pour la vraie Jeanne d’Arc. 

Elle s’est fait connaître le 20 mai 1436 en Lorraine affirmant être Jeanne d’Arc, laquelle aurait échappé au bûcher. Les frères de Jeanne d'Arc la reconnurent comme telle. Elle épousa, en novembre de la même année, à Arlon, Robert des Armoises, sire de Jaulny, proche parent de Robert de Baudricourt, le gouverneur de Vaucouleurs qui avait favorisé la destinée de la Pucelle. Suite à cette nouvelle du retour de la Jeanne, la ville d’Orléans interrompit les services funèbres et ce, pendant trois ans. (1) Pendant ces années, Jeanne des Armoises laissa supposer qu’elle aurait été la demi-sœur du roi, bâtarde comme lui par l’inconduite d’Isabeau de Bavière. De sa jeunesse, elle racontait qu’elle avait été confiée à Jacques d’Arc, ami de Baudricourt, lui-même ami de Yolande d’Aragon, dans le village de Domrémy pour cacher sa naissance. Puis elle aurait entendu des voix lui ordonnant de rejoindre son demi-frère de roi à Chinon pour l’aider à sauver la France. Ayant connaissance de ce secret familial, le Roi l’aurait couvert de ses largesses, lui faisant obtenir armée, cheval, armure et étendard.  Pour justifier des dires, elle affirmait qu’une sorcière avait été brûlée à sa place et que nul n’avait pu voir le visage de la suppliciée. Au château de Jaulny, on peut voir les armes de la Pucelle peintes sur une muraille : une épée pointée vers le haut, cernée de deux fleurs de lys, pénétrant une couronne royale et les «authentiques portraits de Jeanne et de son mari» peints sur les caissons d'une cheminée.

1. Chronique du doyen de Saint-Thiébault de Metz.

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Date de dernière mise à jour : 27/09/2013

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