Blanche de Castille, Saint Louis, Gautier Cornut archevêque de Sens.

Blanche de Castille, est née le 4 mars 1188 à Palencia, au royaume de Castille. Mariée le 22 mai 1200 au futur Louis VIII (fils de Philippe Auguste), elle est la fille d'Alphonse VIII de Castille et d'Aliénor d’Angleterre.  Elle donnera au roi douze enfants, parmi lesquels le futur Louis IX. Régente de France à la suite de la mort de son époux en 1226, elle doit faire face à de fortes contestations mais triomphe des ligues formées contre elle et le pouvoir royal grâce en particulier à l’archevêque de Sens, Gauthier Cornut, qui avait présidé à l’inhumation de Louis VIII et certifié que le roi avait déclaré qu’il voulait que son fils resta jusqu’à sa majorité sous la tutelle de sa mère. Elle gouvernera la France par intérim lorsque son roi de fils s’absentera pour les croisades

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Saint Louis  Roi de France par Charles Rauch, 19ème siècle, musée Louis Philippe

Comme on le sait tous, Louis IX épouse Marguerite de Provence à Sens en 1234. Ce que l’on sait peut-être moins, c’est que les jeunes mariés, au lieu de faire trembler les murs et les rideaux de leur chambre, passèrent au Palais royal de Sens (l’actuel Palais de Justice) leurs trois premières nuits communes en prières. Chacun son truc. D’après Joinville, « la quatrième, le Roi sut démontrer à sa femme qu’elle n’avait pas épousé un moine, mais un garçon de vingt ans aussi passionné qu’on puisse l’être à cet âge ». Cependant, au lieu de se réjouir d’entendre sa bru se pâmer aux coups de buttoirs répétés de son fils, Blanche de Castille témoigne d’une surprenante jalousie : « Les duretés qu’elle fit à la Reine Marguerite furent telles que la Reine Blanche ne pouvait souffrir que son fils fût en la compagnie de sa femme, sinon le soir quand il allait coucher avec elle. (1) Ainsi, éloigné le jour de son épouse par le désir impérieux de sa mère, les chênes de Vincennes abritaient le désespoir du Loulou.  Mais leur amour était plus fort que l’interdit de la Reine-mère, et comme des collégiens qui se cachent dans les fourrés pour voler quelques baisers à la surveillance parentale, ils trouvèrent, dans leur château de Pontoise, le moyen de déjouer l’autorité de Blanche : leurs appartements, situés l’un en dessous de l’autre, communiquaient par un petit escalier à vis. C’est là que le Roi et la Reine se rencontraient la journée pour assouvir leurs jeunes désirs. Lorsque Blanche se dirigeait vers l’un ou l’autre des appartements, les huissiers, qui protégeaient les amours  royales, « battaient les huis de leurs verges et le Roi sen venait en courant en sa chambre afin que sa mère lui trouvât ; et ainsi faisaient les huissiers de la chambre de la Reine Marguerite quand le Reine Blanche  y venait pour qu’elle y trouvât la reine Marguerite »(1)

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Marguerite de Provence,Reine de France..."la bru"

Mais si grand que sont les rois, ils sont ce que nous sommes et peuvent se rebeller comme les autres hommes. Ainsi, Louis, se tenant près de sa femme qui venait d’accoucher et « qui était en grand péril de mort parce qu’elle était blessée d’un enfant qu’elle avait eu », s’entendit dire par sa mère «Venez-vous-en, vous n’avez rien à faire ici ». Le roi obéit tandis que Marguerite s’écriait « Hélas !  Vous ne me laisserez donc voir Monseigneur ni morte ni vive ? » Puis, elle s’évanouit. Cette fois, le Roi resta sur place et blanche de rage, la Reine -mère quitta la chambre. Plus vive que morte, et bien vive même, Marguerite, qui ne décédera que le 20 décembre 1295, donnera au bon Louis onze enfants, dont Philippe III le Hardi, en 36 ans de mariage. Moins, bien sûr, les trois premières nuits d’abstinence…. comblées, on l’espère par les 18 années de liberté retrouvée, sans l’œil inquisiteur de «belle-maman».

 

Saint Louis revint à Sens le 11 août 1239 portant la Couronne d’épines ramenée  de Constantinople puis au début et à la fin septembre 1244 à l’aller et au retour d’un voyage à Cîteaux, une autre fois, en juin 1248, lors de son départ pour la croisade d’Egypte. Son dernier passage   eut lieu en  mars 1270, se rendant  de la huitième croisade  où il mourut le 25 août suivant à Tunis. (2)

 

Gérard DAGUIN

 Documentation, Bernard Brousse. 1, Chroniques de Joinville. 2, Histoire des rues et des maisons de Sens, Charles Porée

 

       Gautier Cornut, archevêque de Sens.

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Gautier Cornut, archevêque de Sens. (Vitrail)


     Né à Villeneuve en Brie, fils de Simon Cornut, seigneur de ce village, il était depuis deux ans doyen de l’Eglise de Paris, lorsqu’il fut élu, en 1222, à l’archevêché de Sens. En juillet 1226,  il assista aux obsèques de Louis VIII  et certifia par lettres que le roi défunt avait en sa présence, sur son lit de mort, expressément déclaré qu’il voulait que son fils et successeur restât jusqu’à sa majorité sous la tutelle de Blanche de Castille, sa mère. En novembre, à Reims, il assista au sacre du jeune roi. Gauthier tint à Sens un concile provincial relatif à la discipline ecclésiastique. En 1231, il donna quelques terres aux Dominicains et aux Franciscains qu’il introduisit à Sens, et fit rebâtir avec magnificence le palais archiépiscopal.
     Blanche de Castille l’envoya, avec Jean de Nesle, pour demander à Raymond Bérenger, comte de Provence, la main de Marguerite, sa fille aînée, qu’elle désirait donner pour épouse au roi Louis IX, son fils. La négociation ayant réussi au gré de la régente, Gauthier bénit solennellement les deux jeunes époux dans la cathédrale de Sens le samedi 27 mai 1234, et, le lendemain, couronna la nouvelle reine. En 1239, il vint jusqu’à Villeneuve-l’Archevêque avec tout son clergé au devant de saint Louis apportant la sainte couronne d’épines. Il décrit ainsi l’événement
: «Donc les scellés ayant été brisés, le roi ouvre le vase d'argent. Il trouve un très beau réceptacle de l'or le plus pur dans lequel gisait la sainte Couronne. Le couvercle de celui-ci soulevé, l'inestimable perle apparut à tous ceux qui étaient présents. Avec quelle dévotion, quels larmes et soupirs le roi, la reine et les autres regardèrent ! Ceci fut accompli le jour de la fête du bienheureux Laurent martyr ».
 Le 10 août, il déposa cette précieuse relique dans l’abbaye de Saint-Pierre-le-Vif, et le lendemain, suivi du roi, de Robert, comte d’Artois, son frère, et d’un grand nombre de prélats et de seigneurs, il la porta dans l’église métropolitaine et présida enfin aux, cérémonies de sa translation à Paris. Il mourut le samedi 20 avril 1241, et fut inhumé dans la cathédrale.

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Date de dernière mise à jour : 28/11/2012

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