Quand Jacques-Louis David résidait à Sens

Jacques-Louis Davis est l’artiste qui a peint le sacre de Napoléon à Notre-Dame. 

En ce 2 décembre 1804, Notre-Dame de Paris est sous la pluie. Il fait froid. Depuis trois jours, peintres, tapissiers, décorateurs, menuisiers préparent le couronnement de Bonaparte. Ce qui nous reste de l’événement, c’est le tableau peint par Jacques-Louis David, une œuvre de 9, 80 mètres de long sur 6,29 mètres de large où près de 200 personnages sont représentés. Mais la légende, par la volonté de l’Empereur, à pris pas sur l’Histoire : Madame mère, Letizia Ramolino, que David a peint sur le tableau, n’était pas présente au sacre. On sait aussi qu’à aucun moment le pape bénit Napoléon comme le montre David. Et qu’en tout bien, tout honneur, l’artiste s’est représenté non loin de l’Impératrice-mère.

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 Sacre de l'empereur Napoléon et couronnement de l'impératrice Joséphine, à Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804

tableau peint par jacques-Louis David entre 1805 et 1807

Jacques-Louis David naît à Paris le 30 août 1748 dans une famille de petite bourgeoisie. Son père, Louis-Maurice David, y est marchand de fers en gros. Sa mère, Marie-Geneviève, née Buron, appartient à une famille de maîtres-maçons ; son frère François Buron est architecte à Sens, son beau-frère Jacques-François Desmaisons est architecte du Roi et son second beau-frère Marc Desisfautaux est maître-charpentier. Le nom de Buron est bien connu dans le Sénonais : des parents de cette famille et de celle des Desmaisons  y résident et c’est François qui fut chargé de la réception des travaux, en 1765, de la cathédrale de Sens. De plus, il a réalisé les plans de la reconstruction de l’église de Bagneaux près de Villeneuve l’Archevêque, les devis de reconstruction partielle de l’église d’Arces, etc….

Pour l’heure, le jeune David est mis en pension au couvent de Picpus. Il va y étudier jusqu’au 2 décembre 1757 date à laquelle son père décède. David a alors neuf ans et sa mère fait appel à son frère François Buron pour l’aider à s’occuper de l’éducation de son fils. Ayant remarqué ses dispositions pour le dessin, sa famille envisage d’abord de lui faire embrasser la carrière d’architecte, comme ses deux oncles. Il alla apprendre son métier à l’Académie de Saint-Luc d’où il sortira diplômé en 1764.

Mais le choix de David n’est pas l’architecture. C’est l’art de la peinture. Il est alors mis en relation par les siens avec François Boucher, premier peintre du roi. Boucher étant malade et trop âgé pour enseigner longtemps, il  le fait entrer en 1766 à l’atelier de Joseph-Marie Vien. Deux œuvres surtout attestent de l’influence que Boucher a pu exercer sur le jeune artiste : Jupiter et Antiope, exposée aux musées de Sens et l’esquisse de la Mort de Sénèque. Une étiquette, placée au dos de la toile sénonaise en donne l’origine : «Cette œuvre a été léguée par Adolphe-Irénée Guillon, peintre heureux des paysages de Vézelay où il villégiaturait». (1) Victor Duflot, qui fut conservateur à Sens, précisa que «ce tableau fut donné par David, qui avait alors un peu plus de vingt ans à la grand’mère d’Adolphe Guillon, Mme Baudry, originaire de Sens et petite fille de M. Buron, architecte à Sens, chez qui David a été élevé».

David vint par la suite assez souvent à Sens  chez ses parents du côté des Buron et de celui des Desmaisons. On l’y voit avec femme et enfants : il avait épousé en 1782 Melle  Charlotte Pécoul, fille de l’entrepreneur des bâtiments du Roi. Politiquement engagé, (il votera la mort de Louis XVI)  il connaitra, sous les méandres des gouvernements révolutionnaires, les geôles de la Nation. Il viendra s’installer à Sens en 1798 suivant les conseils du moraliste et philosophe Joseph Joubert qui l’engageait, comme lui, à fuir momentanément les ressentiments de quelques adversaires jaloux de la sympathie qu’il avait su acquérir pendant les périodes révolutionnaires. (1) C’est donc accompagné des siens que David emménagea  rue de l’Ecrivain, dans une  maison non loin de celle qu’occupait juste en face de l’hôtel de Bourrienne, le Maître des Eaux et Forets, M Baudry.  Là, il travailla à sa grande toile, Les Sabines, qu’il achèvera l’année suivante. De la rue de l’Ecrivain, naitra une solide amitié avec Joubert et la sympathie qu’il allait lier avec Lepeletier de Saint-Fargeau, assis comme lui, sur les bancs de la Convention. Assassiné au Palais-Royal, David le représentera sur son lit de mort.

Etait-il devenu auparavant l’ami de Bourrienne, son voisin sénonais, secrétaire de Bonaparte ? Bourrienne avait-il parlé de lui en hauts lieux ? Probable, mais l’Histoire n’en souffle mot. Toujours est-il qu’à la fin du siècle, le futur Empereur l’appellera aux honneurs. Il quittera Sens pour rejoindre Paris où il peindra de 1805 à 1808 le Sacre, œuvre à laquelle il se consacra entièrement. En 1814, à la chute de l’Aigle, il s’exila à Bruxelles ayant signé les fameux actes additionnels excluant les  Bourbons du trône. En 1824, revenant du théâtre de la Monnaie, il est renversé par une calèche. En novembre 1825, il est paralysé des mains à la suite d'une congestion cérébrale et ne peut plus peindre. Il expire le 29 décembre 1825. Le 11 octobre 1826, après que le gouvernement français eut refusé son rapatriement, il est enterré au cimetière du Quartier Léopold à Saint-Josse-Ten-Noode. Le cœur du peintre repose à Paris au cimetière du Père-Lachaise, auprès de son épouse Charlotte.

Gérard DAGUIN

Documentation : Bernard Brousse, SAS, Virginie Garret, Cerep 5, rue Rigault Sens. Sylvie Tersen, Dorothée Censier, Musées de Sens. 1, Augusta Hure, Les attaches de David avec Sens, Bulletin de la société des Sciences de l’Yonne.

JUPITER ET ANTIOPE

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Jupiter et Antiope par David, exposé aux Musées de Sens (JP Elie)

Antiope est la très jolie fille du régent de Thèbes, Nyctée ou la fille du dieu-fleuve Asopos. Zeus (Jupiter dans la mythologie romaine) rusa pour obtenir l’amour de cette jeune et belle fille. Il prit la forme d’un satyre pour abuser d’elle pendant son sommeil. A son réveil, enceinte, elle prit peur de la colère de son père et décida de s’enfuir à Sicyone où elle épousa le roi Epopée. Désespéré, son père se suicida, mais demanda à son frère Lycos de punir Antiope. Lycos attaqua Sicyone, tua Epopée et fit prisonnière Antiope. Sur le trajet du retour Antiope mis au monde des jumeaux, Amphion et Zéthos que Lycos abandonna. A Thèbes, Antiope fût enchaînée par Lycos et traité comme une esclave par sa femme, Dircé. Un jour comme par miracle ses liens se défèrent et elle réussit à rejoindre ses enfants devenus adultes. D’abord ils ne la reconnurent pas et la livrèrent à Dircé. Mais des bergers qui les avaient recueillis leur révélèrent leur origine. Les jumeaux décidèrent de rejoindre Thèbes pour délivrer leur mère des griffes de Dircé. Ils tuèrent Lycos et attachèrent Dircé par les cheveux aux cornes d’un taureau sauvage qui la traîna sur les rochers. Ils montèrent sur le trône de Thèbes après avoir chassé le futur roi, Laïos. Dionysos agacé de la mort de Dircé et ne voulant pas laisser ces meurtres impunis, rendit folle Antiope qui erra à travers toute la Grèce avant de rencontrer Phocos. Un de ses petits fils la guérit, et Phocos l’épousa. 

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Date de dernière mise à jour : 13/05/2013

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