A Sens, elles étaient «Les dominicaines»

Ayant quitté leur Maison-Mère de Sens en septembre 2006, la confiant aux Sœurs et Frères de la Famille Missionnaire de Notre-Dame, les Dominicaines répondent maintenant à une nouvelle mission qui leur est confiée dans le Diocèse de Belley-Ars, dans le village de Cerdon.

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Depuis 2006, le monastère des Dominicaines est occupé par la Famille missionnaire de Notre-Dame. Coll B.Brousse. (Studio Allix)

La Congrégation des Sœurs Dominicaines de l’Eucharistie a été fondée à Sens, en 1920, par le Père Dominique-Augustin Brisset. Dès 1914, en l’Hôtel de Vaudricourt, rue Abélard, s’était formé un premier noyau de vocations féminines autour de Louise Van Quakebecke, des sœurs réunies grâce à l’archevêque de Sens , Mgr Chesnelong : « Monseigneur venait souvent visiter le petit groupe et c’est en toute connaissance de cause qu’il put attester du sérieux de la nouvelle fondation et en demander à Rome l’érection canonique ». (1) Pie XI l’autorisera en 1923 et cette même année, la famille dominicaine reconnaitra, par le Maître général de l’Ordre de Saint Dominique comme tiers-Ordre régulier de vie contemplative, les sœurs dominicaines de l’Eucharistie.

 Bientôt, les vocations se font de plus en plus nombreuses et devant ce fait, il faut songer, par manque de place, à créer un établissement plus important, plus calme, plus retiré de la vie bruyante que la ville impose. A la sortie de la cité, presque en face de l’ancien octroi, sur la route qui mène à Saint-Clément, un vaste terrain pouvait accueillir une nouvelle construction pour abriter la congrégation. Mais pour l’heure, le ciel n’était pas avec les Dominicaines, car le propriétaire, le « père Bertrand », un vieux paysan, refusait de le céder. Après tout, la terre ça ne se vend pas ! La pieuse insistance des Carmélites et des Dominicaines devait avoir raison de la résistance du quidam avec, parait-il, l’appui du Tout-puissant : « Notre brave homme fut impressionné d’une vision de l’Enfant-jésus, assis sur le siège de sa charrue… » (2). Le Père Brisset, qui dans le longues discutions exhortait le brave paysan à céder son bien, rapportera même que leurs échanges verbaux confiaient à la sympathie : après la Grande guerre, les restrictions ayant été fort sévères, le dominicain avait les traits creusés tant il avait maigri. Le père Bertrand lui proposa un remède radical, vantant la force de son cheval qu’il nourrissait que « d’avoène nouère » indiquant au religieux qu’il devrait, lui aussi, suivre ce régime alimentaire… A force d’insistance, les voies (voix ?) du Seigneur n’étant pour une fois pas impénétrables, le paysan touché, céda son terrain en 1926 et l’architecte Henri Vidal pu commencer à tracer les plans du nouveau monastère dont Monseigneur Chesnelong bénira la première pierre le 23 août 1930 avant que son successeur Monseigneur Feltin n’en consacre les autels en 1933.

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L'intérieur de la Chapelle

Jusqu’en 2006, les sœurs vont vivre là la vie religieuse fondée par Saint Dominique lui-même, dès les premières années de l’Ordre en respectant le projet initial tel que l’exprimait la bulle d’Honorius III à Saint Dominique : « ... embrassant la pauvreté et faisant profession de vie régulière, vous consacrez toutes vos forces à faire pénétrer la Parole de Dieu tandis que vous évangélisez par le monde le nom de Notre Seigneur Jésus-Christ ». Beaucoup de Sénonais se souviennent encore de leur présence aux marchés de Sens, lors des fêtes de Noël, où elles y proposaient des confiseries, en particulier des crottes de chocolat, qu’elles avaient préparées elles-mêmes…

Gérard DAGUIN

 

Documentation : Bernard Brousse SAS, Virginie Garret Cerep, 5, rue Rigault Sens. 1, Les Dominicaines de l’Eucharistie, La Tradition Vivante. 2, Le département de l’Yonne comme diocèse, Alype-Jean Noirot.  Pour en savoir plus : www.histoire-sens-senonais-yonne.com

 

L’Ordre des Dominicains

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 ST Dominique de Claudio Coello

L’ordre des Prêcheurs, plus connu sous le nom d’ordre dominicain, est un ordre catholique né sous l’impulsion de saint Dominique en 1215. Il appartient, comme l'ordre des Frères mineurs ou franciscains, à la catégorie des ordres mendiants. En France, les Dominicains sont aussi appelés Jacobins du nom de la chapelle Saint-Jacques-le-Majeur à Paris où ils se sont installés en août 1218.

Dominique de Guzmán est né vers 1170 en Espagne. Il est mort le 6 août 1221 à Bologne. Selon la légende, la mère de Dominique aurait vu en songe, pendant sa grossesse, un chien tenant une torche allumée dans la gueule, pour éclairer le monde. Ce songe résume la vie du futur saint, avec un jeu de mot en latin sur les futurs dominicains, dominicanes, les chiens du Seigneur.[] A l'âge de 25 ans, il entre comme chanoine au chapitre régulier d'Osma. En 1203, Dominique accompagne son évêque, Diego d’Osma, chargé par le roi Alphonse VIII de Castille d'une ambassade auprès du roi de Danemark. À son retour, Dominique s'arrête en Languedoc et rencontre l’hérésie cathare qu’il se résout à combattre. Simon de Montfort à partir de 1209, extermine à la tête d’une armée de croisés, les hérétiques cathares par le fer et par le feu. Dominique ne prend aucune part à la guerre, ne voulant d'autres armes que la prédication et la prière. Il continue sans relâche cette œuvre de prêche et s'établit avec ses fidèles, en 1215, à Toulouse, où il fonde l'Ordre des frères prêcheurs qui est approuvé par le pape Innocent III. Le 8 août 1221, il meurt à Bologne et est canonisé en 1234 par Grégoire IX. À la Révolution française, le club des amis de la constitution loue leur établissement de la rue du Faubourg Saint-Honoré qui deviendra le club des Jacobins. Supprimés en France en 1790 les dominicains y seront restaurés en 1850 à la suite de l'action du Père Henri Lacordaire. Les dominicains furent expulsés en 1903 mais furent autorisés à revenir en France dans les années 1920.

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 St Dominique fresque de Fra angelico au couvent de San Marco

 

La famille missionnaire de Notre-Dame

Depuis quelques années, la famille missionnaire de Notre-Dame s’est installée au monastère de la Nativité, ancienne maison-mère des Dominicaines de l’Eucharistie à Sens. Cette communauté mixte, appelée également « Famili Domini » est un centre de prières ouvert à tous. L’origine de cette famille remonte au 15 décembre 1946, jour de la bénédiction de la statue de Notre-Dame-des-Neiges à Saint-Pierre-de-Colombier par Mgr Couderc, évêque de Viviers en Ardèche qui donne alors l’autorisation de la fondation au père Lucien-Marie Dorne et à mère Marie-Augusta. Depuis, ce sont des missionnaires qui accueillent, enseignent, confortent et visitent des malades, aussi bien à la maison du clergé qu’à Sainte-Colombe.


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Date de dernière mise à jour : 24/01/2013

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