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C’est une des rues les plus longues de la ville qui porte son nom.

Ancienne voie romaine, elle est le prolongement de l’ancien axe nord-sud de la cité.

Jacques-Charles Dubois a vu le jour le 27 novembre 1762 à Reux, petit village du Calvados, non loin de Pont-l’Evêque. Après 8 ans de régence exercée par son grand-oncle, le Duc d’Orléans, Louis XV le Bien-aimé, règne seul sur le royaume depuis 1723. Son désintéressement pour la chose politique et ses frasques mondaines vont mener, entre autres événements, les Français vers la Révolution de 1789. Pour l’heure, en 1762, va naître, outre le futur général Dubois, André Chénier, un poète qui perdra la tête en 1794, et disparaître Jean Calas, ardemment défendu par Voltaire, qui n’empêchera les Toulousains de le condamner au supplice de la roue puis à être étranglé et brûlé sans que le crime qu’on lui impute ne soit prouvé. 1762 verra encore l’assassinat en Russie de Pierre III qui fera ainsi place nette à sa femme, Catherine II, celle qui allait devenir "La Grande Catherine". 

7eme-cuirassiers-1807-1.jpgLe 7 ème régiment de Cuirassiers, est commandé par le général Dubois à partir du  le 25 juin 1807

Dubois est un engagé volontaire qui est intégré, le 5 mars 1781 à 19 ans, dans le Régiment des Dragons. Une carrière militaire qui couvrira l’Ancien régime, la Révolution, le Consulat, l’Empire, les Cent jours et la Restauration.En 84, il est nommé brigadier avant de prendre congé de l’armée en 89 et de reprendre du service en 92, en qualité de sous-lieutenant, dans le 16 ème régiment de Dragons. Il sera intégré dans un détachement de 200 hommes que ce régiment enverra à Saint-Domingue le 12 juin suivant, et sera nommé lieutenant le 17 décembre. Rentré en France en 1794, il fit toutes les campagnes révolutionnaires (Vendée, Armée du Rhin, Italie) avant de servir l’Empereur l’heure venue et d’épouser, en 1801 Charlotte de Heems. Il fut décoré de la Légion d’Honneur et fit, avec la réserve de cavalerie de la Grande Armée les campagnes d'Autriche, de Prusse et de Pologne. Il passa major, le 24 septembre 1806, dans le 5 ème régiment de Dragons.

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Napoléon à la Bataille d'Eylau, tableau peint par Antoine-Jean Gros en 1807

Le 8 février à la bataille d’Eylau, « le Major Dubois dégagea deux bataillons d'infanterie pressés par une cavalerie très nombreuse ; l'ennemi démasqua vainement une batterie de 5 pièces de canons à mitraille. Il effectua sa retraite en bon ordre sous ce feu meurtrier et malgré les cosaques qui le harcelèrent il rejoignit le gros de l'armée » (1). Nommé colonel du 7 ème régiment de Cuirassiers, le 25 juin 1807, et Baron de l’Empire, le 17 mars 1808, il fit la campagne de 1809 en Allemagne, se distingua à Essling où, tous les généraux ayant été tués ou mis hors de combat il prit le commandement de la division Espagne. Le 6 juillet suivant à Wagram, il chargea un carré d'infanterie ennemie à la tête d'un peloton de cuirassiers et fut blessé d'un coup de feu à la hanche droite. Officier de la Légion d’honneur, le 8 octobre 1811 , il se couvrit de gloire pendant la Campagne de Russie, et reçut, le 7 février 1813, le grade de général de brigade « Pour reconnaître la conduite distinguée qu’a tenue le colonel Dubois et le 7e régiment de cuirassiers à la bataille de la Bérézina (voir encadré) en chargeant seuls un carré de 7.000 Russes et leurs faisant mettre bas les armes... » 

Désormais Général, il prendra le commandement du dépôt général de cavalerie de Brunswick le 1 er avril suivant et participera à la défense de Hambourg. Rentré en France, il fut mis à disposition le 1 er septembre 1814. Rappelé par Napoléon au retour de l'île d’Elbe, il commanda une brigade de cavalerie à Waterloo, où il fut blessé d'un coup de sabre, en soutenant la retraite. À la révolution de juillet 1830, il prit provisoirement le commandement de la 18e division militaire. Commandeur de la Légion d’honneur, le 20 avril 1831, il fut admis à la retraite, l’année suivante, et se retira à Sens au numéro 18 du Cours Tarbé.

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ICI REPOSE
LE GÉNÉRAL BARON DUBOIS
COMMANDEUR DE LA LÉGION D'HONNEUR
DÉCÉDÉ LE 14 JANVIER 1847
DANS SA 85è ANNÉE

Sépultue du Général Dubois, Cimetière de Sens

Source   http://lesapn.forumactif.fr/t551p15-89-yonne

Il meurt le 14 janvier 1847 . Le 23 janvier, le Sénonais lui rendra hommage en ces termes : La France vient de perdre un de ses plus glorieux vétérans, le Général Dubois… L’Empereur le regardait comme l’un des meilleurs officiers de l’armée française ; mais le général Dubois était resté le vieil officier de l’Armée du Rhin, l’ancien camarade de Kléber et sa franchise aussi grande que son courage et sa probité avait longtemps nui à son avancement. » Victor Guichard, prononcera, sur sa tombe, l’éloge funèbre : «Au moment de rendre les derniers devoirs à l’un des plus braves défenseurs de la France, permettez-moi de vous rappeler que tout ne finit pas avec la dépouille mortelle que nous rendons à la terre. Tout ne finit pas, même en ce monde : le nom du général Dubois ne périra pas : il est gravé avec les noms de Hoche, de Marceau, de Kléber sur le marbre de l’arc triomphal que le peuple français reconnaissant a élevé à la gloire de ses armées. Le nom du général Dubois ne périra pas : la main de Napoléon l’a buriné dans l’Histoire en caractères ineffaçables, lorsqu’elle a tracé le décret que je vais lire sous vos yeux : Au Palais des Tuileries, le 7 février 1813. Napoléon, pour reconnaitre la conduite distinguée qu’ont tenue le colonel Dubois et le 7 ème régiment de cuirassier à la bataille de la Bérézina, en chargeant seuls un carré de 7000 Russes et leur faisant mettre bas les armes, nous avons décrété et décrétons ce qui suit : le colonel Dubois est nommé général de brigade. Napoléon. »

Le général Dubois repose  dans le temple funéraire de style égyptien, tombeau de Jules Guichard (fils de Victor Guichard), président de la compagnie de Suez  et époux de sa petite fille Caroline.

Gérard DAGUIN

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Bérézina. La bataille de Bolchoï-Stakhov.

Charge des cuirassiers de Doumerc, le sabre haut levé, peut-être le colonel Dubois commandant le 7e cuirassiers.

« toute l’affaire fut glorieuse pour les Français qui étaient en nombre très inférieur. » (Langeron)

Toile du peintre Edouard Detaille,

source http://desaix.unblog.fr/2007/09/30/bolchoi-stakhov-une-bataille-victorieuse/#

La bataille de la Bérézina

 Deux siècles plus tard, alors qu'elle est perçue, à tort, comme une défaite française, l'historien Jean Tulard de l'Académie des Sciences morales et politiques, définit la bataille ainsi : « Les clichés ont la vie dure. Le mot de Berezina continue à être employé en France pour signifier un désastre, une catastrophe. Au contraire, la bataille de la Berezina fut, dans des conditions difficiles, une victoire française illustrée par l'action héroïque du général Éblé. Napoléon et le gros de ses forces ont échappé à la manœuvre de Tchitchagov et de Wittgenstein qui laissèrent beaucoup d'hommes sur le terrain.»

Cinq mois après le franchissement du Niémen le 24 juin 1812,la Grande Armée bat en retraite et se trouve devant une rivière marécageuse, la Bérézina, Les armées russes comptent sur cet obstacle naturel pour bloquer l'armée de Napoléon et ainsi l'anéantir. Le 23 novembre, les Russes attendent les Français à Borissov. Napoléon décide d'y organiser une manœuvre de diversion pour permettre le franchissement de la Bérézina 15 km en amont, face au village de Stoudienka, où le général Corbineau a identifié un passage possible. Le succès de l'opération passe par la très rapide construction de deux ponts à Stoudienka. Travaillant dans l'eau glacée pendant trois jours, les pontonniers réalisent et entretiennent ces deux ouvrages que la Grande Armée franchit le 26 malgré l'opposition de trois armées russes. La réussite de cette manœuvre est en partie due au 7 ème de cavalerie, sous les ordres du général Dubois qui, lors de cette bataille  anéanti un corps de 7000 russes. 

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La traversée de la Bérézina, par Paul Lehugeur, XIX° siècle

source  http://www.histoire-fr.com/epopee_napoleon_chute_empire_francais_1.htm

 

Précisions de l'un de nos lecteurs, que nous remercions vivement...

Votre notice est très bonne. Puisque que vous allez modifier le site, je me permets de préciser qqs détails significatfs.

  • Né effectivement à Reux, il était fils d'un aubergiste de Pont-l'Evêque ( Service Historique de la Défense )
  • Il s'est engagé au Régiment Colonel Général des Dragons ( premier de l'arme) qui deviendra le 5ème dragons qu'il commandera en 1806 et 1807)
  • C'est la seconde campagne d'Italie ( armée de Rome puis de Naples)
  • Charlotte de Heems, appartenait par sa mère Madame de Robiano à la noblesse bruxelloise ( elle était la filleule du duc de Lorraine) cf  mon article dans la RSN n°482
  • En 1805 il commandait un escadron du 3ème dragons au sein de la division des "dragons à pied" de Baraguey d'Hilliers
  • Concernant l'épisode de la Bérézina vous faites bien de préciser que c'est "peut-être" lui qui commanda la charge, car le fait fit l'objet d'une réclamation ( il aurait été malade, couché dans une charrette ) voir mon article dans la RSN n°482
    Mais ce détail alourdirait votre notice
  • En février 1848, un incident causa beaucoup d'émoi à Sens : le maire fit mettre aux arrêts le Capitaine de la Garde Nationale Dodet pour avoir fait rendre les honneurs à la tombe du général. Victor Guichard prit la défense du capitaine. Ce serait à cette occasion que Jules Guichard fit la connaissance de la petite fille du général, sa future épouse.

Je joins les photos de la stèle de sa tombe qui fut placée dans le mausolée de Jules Guichard ( prise par Mr Brulard ) ainsi qu'une  photo de sa maison, 18 cours Tarbé, détruite pour construire la Banque de France.
Plus la photo avec mention du copyright

Maison

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Date de dernière mise à jour : 06/11/2019

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