Sens, une ville qui se christianise

A partir de la fin du IVème siècle, la cité, enclose dans ses murailles, est une ville d’une tout autre nature que la colonie romaine des siècles précédents. C’est une ville neuve qui n’a conservé de l’ancienne ville ouverte que quelques éléments de voirie.

La ville du 17ème siècle. Nombre de ces édifices ont disparus : A St Sauveur, B Abbaye de St Pierre-le-vif, C Les frères Pénitents, D Abbaye de St Jean, E Notre Dame du Charnier, F Porte Notre Dame, G St Pierre-le-Donjon, H Les Célestins, J Les Jésuites, K Les Cordeliers, L St Hilaire, M St Etienne, N St Benoît, O Hôtel-Dieu, P Cloches de la porte commune, Q St Pierre-le-Rond, R St Romain, S Les Jacobins, T Ste Colombe-du-Carrouge, V St Maximin, X La Grosse tour, Y La porte d’Yonne, Z St Maurice, aa Abbaye de St Paul, bb Prieuré de St Bond. 

Sens gravure de 1630

 (Fac simili, gravure de 1630 par Boisseau-Giovanni. Mérian)

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Dans les décennies qui ont suivi la chute de l'empire romain et les grandes invasions, la population avait déserté les villes et villages et s'était regroupée dans les forêts ou autour de monastères, créés dans ce contexte de fuite. Ces monastères, avaient sauvegardé la culture romaine, les techniques des  métiers et l'agriculture. Nombre d’entre eux avaient, certes, conservé les textes latins, mais la société, appelée désormais société franque, restait en général illettrée.  Sous le règne de Charlemagne, le paysage urbain de Sens s’est transformé et a vu la restauration ou l’édification de nouveaux sanctuaires : Saint Didier sur la route de Paris, Saint Sauveur, devenue Saint Savinien, sur la route de Troyes et Saint Paul sur la route d’Auxerre. Plus loin, à l’est, une église cimetériale, dédiée au Sauveur, était fondée par l’archevêque Magnus pour veiller sur les sépultures des chanoines. (1) Ces nouvelles constructions formaient, avec la basilique plus ancienne de l’abbaye de Sainte Colombe, une « couronne de prière » disposée en demi cercle sur la rive droite le la rivière. A l’intérieur des murs, trois nouvelles églises virent le jour : Saint-Benoît, au nord du quartier épiscopal, Sainte Colombe-du-Carrouge, à l’angle de la Grande rue et de la rue de l’Ecrivain et Saint Pierre-le-Donjon, à l’est de la cité. Les chantiers les plus importants concernèrent le quartier épiscopal quand l’archevêque Wenilo commença la restauration de la cathédrale primitive.

 

mur-motte-du-ciar-1837-bis.jpg

Vestige du mur romain de la motte du ciar 1837 (gravure /carte postale ancienne) 

(Situé dans la plaine Champbertrand actuelle, au sud de Sens, près de l'Yonne, l'on peut encore découvrir les traces de ce monument) 

(mentionné dans le Bulletin N°XIV, 1848 de la Société Archéologique de Sens)

Christianisée, la ville a changé de visage. Coincée derrière ses hautes murailles, elle s’est peu à peu dépeuplée et n’est plus que l’ombre de la vivante et luxuriante cité romaine du début de notre ère. A l’intérieur des fortifications, ce ne sont plus que quelques ilots de population bordant l’axe Est-Ouest et Nord-Sud ou agglomérés autour des bâtiments religieux. Au centre, le quartier épiscopal, est le noyau de la ville. En revanche, à l’extérieur des remparts, les pôles d’activités sont nombreux, situés prés des monastères de Saint Rémy, de Saint Jean, de Saint Pierre, de Saint Maurice et plus loin, de Sainte Colombe. Pour la population, l’époque carolingienne n’apportera que peu de bouleversements dans l’habitat si ce n’est un ciel bouché par de nombreux clochers. A la périphérie, des lieux de cultes vont être restaurés ou crées. Leur situation géographique montre que les grands axes de circulation de l’époque antique sont toujours usités, principalement la voie Nord-Sud, bordée par Sainte-Colombe, Saint Didier, Sainte Colombe-du-Carrouge, Saint Rémy et Saint Paul. D’Ouest en Est, l’axe majeur de la cité sera désigné sous le nom de Grande rue comme l’indique déjà un document du XIIème siècle. (2) Sens était donc, au Moyen Age, une ville à pôles multiples, commerçants ou religieux, répartis en différents secteurs au centre de l’enceinte, desservis par un axe est-ouest traversant et d’un axe sud-nord qui lui ne dépassait pas l’actuelle place St-Etienne. A l’extérieur, ils étaient agglomérés autour des sanctuaires où se dressaient encore d’imposants vestiges romains : l’amphithéâtre, qui conservera une partie de ses arcades jusqu’au XVIIème siècle, le vaste complexe de la Motte du Ciar dans la plaine Chambertrand ou les nécropoles antiques. (3)

Gérard DAGUIN

Documentation : Bernard Brousse, SAS, Virginie Garret, Cerep 5, rue Rigault Sens. 1, Denis Cailleaux, Artisanats, Société et Civilisations, Revue archéologique de l’Est. 2, Juillot, 1898. 3, Parruzot, Coudray, Louis. 


Disparus!

Disparu : Le groupe épiscopal : Il se serait composé de trois basiliques, Saint Etienne, Sainte Marie et Saint Jean Baptiste, incendiées ainsi que les bâtiments des chanoines en 967. Leur emplacement serait celui de la cathédrale actuelle.

Disparu : Notre-Dame-du-Charnier : Prieuré établi en 1078 dans l’ancienne abbaye de Sainte-Marie-de-la-Porte, incendiée en 1179, puis ruinée à différentes époques.

Disparue : Saint-Benoît : Eglise fondée dans le castrum à l’ouest du cloître des chanoines en application d’une permission accordée par une chartre du roi Eudes le 16 juin 891. Détruit lors de la Révolution.

Disparue : Sainte Béate : Eglise élevée au nord-est de la ville, sur les tombes de Sanctianus, Beata et Augustinus, elle fut détruite en 731 par les sarrasins.

Disparue : Sainte-Colombe-du-Carrouge : Edifiée vers 891, elle aurait servi de refuge pour les restes de Ste Colombe. Elle tirait son nom de sa position géographique à l’angle de la Grande rue et de la rue de l’Ecrivain. Elle fut détruite lors de la révolution.

Disparue : Saint Eracle : Eglise située proche de Saint Jean. Elle fut incendiée en 1032.

Disparue : Saint Eugène : Eglise fondée vers 1090 dans la banlieue sud de la ville, par l’évêque Richer, son emplacement reste inconnu. Disparue : Saint Hilaire : Située dans la partie sud de l’enceinte, elle fut rebâtie au XIIIème  et au début du XVIème siècle avant d’être totalement détruite à la Révolution. Disparu : Saint Jean Baptiste : Baptistère du groupe épiscopal. Détruit par un incendie en 968.

Disparue en partie : Saint Jean l’Evangéliste : L’abbaye de St Jean a été restaurée par les chanoines en 1111. Elle subsista jusqu’à la Révolution. L’abbatiale a été préservée dans l’ancien hôpital ainsi que les bâtiments conventuels.

Disparue : Saint-Gervais et Saint –Protais , puis Saint-Léon : Basilique qui s’élevait à l’entrée de la route de Troyes. Elle était dotée d’une tour très élevée qui fut détruite par les Sénonais lors du siège de la ville par les Normands en 886. Incendiée par le comte Renard, elle subsista encore jusqu’au XVIIIème siècle.

Disparue : Saint Maximin : Eglise qui s’élevait contre la muraille, dans la partie sud-ouest de l’enceinte. Rebâtie à l’époque médiévale, elle fut détruite à la Révolution.

Disparu : Saint Médard : Monastère qui se situait au bas de Saint Bond fondé vers 650. Il fut détruit lors de l’invasion des Normands.

Disparue : Saint Pierre-le-Donjon : Dépendance de l’abbaye de St Pierre-le-Vif, elle se trouvait à l’intérieur des murs, près de la courtine est. L’église fut détruite avant la  Révolution.

Disparu : Saint Pierre-le-Vif : Monastère de Bénédictins qui aurait été fondé entre 533 et 598 établi sur le côté nord de la voie romaine de Sens à Troyes. Il n’en reste que la basilique, le Vieux Saint Savinien.

Disparue : Saint Rémy : Cette basilique était en dehors des murs, au sud de la cité. Détruite au XIVème  siècle lors de la mise en défense de la ville, elle aurait été élevée à l’emplacement de l’actuelle école du Cours Tarbé.

Disparue : Saint Sauveur-des-Vignes : Chapelle funéraire destinée à la sépulture des chanoines de la cathédrale fondée par Magnus (800-818). Edifiée à l’est de la ville, elle fut érigée en prieuré et détruite au cours du XVIIIème siècle.

Disparue : Saint Sérotin : Basilique funéraire proche de Saint Pierre-le-Vif qui abritait les restes de Sérotinus. Elle fut détruite par les Normands et le corps de Sérotinus transporté à St Pierre-le-Vif. 

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Date de dernière mise à jour : 31/07/2013

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